Les voitures des constructeurs sans patente

Piollet

Piollet

Jacques Piollet n’a que 11 ans quand il construit de toutes pièces une première voiture en bois, carrosserie et moteur. Puis, il ne cessera, adolescent, de fabriquer avec les moyens du bord des autos qui rouleront sur la route. Mais c’est en Algérie, pendant son service militaire, que Jacques décide de construire un coupé digne de ce nom. Il en fait des croquis précis, et dès son retour à la vie civile, il mettra son projet à exécution. Jaques Piollet est un constructeur amateur, sans doute, mais ô combien plus perfectionniste que certains professionnels. Sa voiture à mécanique Peugeot, construite entre 1962 et 1965, est toujours dans son garage, prête à prendre la route.

 

Collet

Collet

Fils de carrossier Michel Collet est pris très tôt par le virus de la mécanique. C’est dans l’atelier de son père, en plein Paris, qu’il va élaborer sa voiture, inspirée de ce qui se fait de mieux à l’époque, la Ford GT 40. Pour réaliser sa voiture il va partir d’ingrédients que l’on trouve facilement dans les casses du moment, c’est à dire des éléments de Renault 8 Gordini, moteur, boîte de vitesses, suspensions avant et arrière. Et aujourd’hui encore, sa voiture flambant neuve trône dans l’atelier de ce sculpteur, non loin de la frontière Suisse.

 

Glasson

Glasson

C’est vraiment sans moyen financier que Serge Glasson va construire la voiture de ses rêves. C’est l’accident d’une Dauphine Gordini, non loin de chez lui dans le Territoire de Belfort, qui va être le prétexte et la base mécanique de sa voiture. Il achète l’épave et se lance dans l’aventure. Imaginez qu’il n’a pratiquement pas d’outils et que pour faire de simples trous, il ne possède qu’une chignole à main. N’empêche sa voiture voit le jour en 1965 et Serge se lance dans la compétition à son volant, y remportant un grand nombre d’épreuves.

 

Fauvel

Fauvel

C’est dans la région de Caen que roule encore, pratiquement toutes les semaines, la Fauvel construite par Xavier Fauvel sur la base d’une Peugeot 204. Son idée c’est d’installer dans un châssis et une carrosserie originale de sa conception, l’ensemble motopropulseur de cette Peugeot à traction avant, devenant de facto une propulsion ! Il fallait y penser. Tous les autres ingrédients sont achetés à la casse, comme les phares de Renault 16, les suspensions de R8 Gordini, etc. La Fauvel, régulièrement immatriculée à l’époque, a aujourd’hui 160 000 km au compteur !

 

Renaudat

Renaudat

C’est dans une ferme, en pleine campagne qu’est née la Renaudat, imaginée par Guy Renaudat sur la base châssis d’une Matra Djet, en 1968. Ce n’est que trois ans plus tard qu’il pourra passer fièrement au service des Mines et obtenir une carte grise à son nom de constructeur. La mécanique est un moteur de Renault 16, les suspensions proviennent d’une Renault 8 Gordini, mais c’est la carrosserie et le travail du polyester qui causera le plus de problèmes à Guy. Problèmes résolus à en juger par la voiture, encore fringante, et aux allures de Dino Ferrari.

 

BLF

BLF

C’est une belle histoire que celle de la BLF, construite par Lionel Bernard, un babyboumeur doué et inventif. C'est l'envie de pouvoir piloter une voiture de course qui l’a poussé à construire sa propre auto. A Saint Julien, dans le Doubs, il se lance dans l’aventure en 1966, il a tout juste 18 ans. Il fait les plans et décide que sa voiture sera plus basse que la Ford GT 40, la référence de l’époque. Et de fait la BLF de Lionel mesurera 91 cm de hauteur contre 1,01 m à la Ford. Pari gagné. Lionel pilotera sa voiture en courses de côte et vient de la ressortir d’un musée Helvétique où elle a passé une vingtaine d’années.

 

Romer

Romer

Oyonnax, c’est la patrie du plastique en France. C’est là que Bernard Mermet va élaborer sa voiture qui tient de multiples inspirations dont la Ford GT 40 n’est pas exclue, et possède, naturellement, une carrosserie en polyester. La mécanique c’est bien sûr le sacro saint moteur Renault 8 Gordini, accouplé à sa boîte de vitesse. La belle Romer – nom de la société paternelle –, qui date de 1972, n’a jamais été immatriculée. Pourtant elle affiche 4000 km au compteur, des kilomètres effectués dans la région, nuitamment, par Bernard et ses amis. La tentation était bien trop forte !

 

 

Prab

Prab

C’est l’histoire de deux copains qui, au sortir de leur BTS bureau d'étude mécanique en juillet 1966, se disent que s’ils construisaient de leurs mains une auto, ils atteindraient un double objectif, celui de se faire plaisir  tout en enrichissant leur curriculum vitae !

Paul Retailleau, 21 ans, et André Bodin 20 ans, se lancent dans l’aventure et vont faire avancer la construction de deux voitures originales, travaillant une semaine sur l’une et l’autre semaine sur l’autre. Au final ils auront une Prab rouge et une Prab blanche, immatriculées en 1969, montrant leur maîtrise des techniques ; de toutes les techniques : mécanique, carrosserie, polyester, sellerie, et surtout élaboration d’un cahier des charges et dessins de toutes les pièces !

Rétromobile

6 - 10 février 2013. Paris, Porte de Versailles